Dans cette approche on cherche à éliminer
tous les minima non-significatifs de l'image gradient. En ce sens on
cherche donc d'une certaine manière à moyenner localement
l'image. Alors qu'avec l'approche marqueur on cherche à remplacer
les minima du gradient par des images de marquages, ici on va plutôt
chercher à supprimer les minima non-significatifs dans l'image
elle-même.
Nous avons vu qu'une des principales sources du phénomène
de sur-segmentation est le bruit présent dans les images naturelles.
Afin de pallier à ce bruit on opère un moyennage spatial
à l'aide d'un filtre gaussien.
Soient U(x) le niveau de gris en un point x de
l’image à traiter et Gs
la gaussienne d’écart type s
donnée par la formule suivante :

Le filtrage gaussien de l'image résulte de
la convolution de cette fonction avec des gaussiennes en chaque point
de l'image :

Cette convolution est une opération régularisante.
En pratique, cette régularisation de U permet de lisser de
manière grossière, en affaiblissant l’information
qui présente des variations spatiales sur des échelles
inférieures à s.
Un inconvénient évident du filtrage
gaussien est qu’il ne lisse pas uniquement le bruit, mais il
gomme aussi les contours, les rendant difficilement identifiables.
Observons l'influence d'un tel filtrage sur les images
lena, et sur l'image afmsurf. Les images sont lissée
avec une gaussienne de dimension 10 pixels et d'écart-type
de 10.
a) Image lissée |
b) LPE sur
l'image lissée |
a) Image lissée |
b) LPE sur
l'image lissée |
La détection de contours obtenue reste très
sursegmentée, même s’il existe une amélioration
quand le gradient est calculé sur l’image lissée.
Le gradient est toujours meilleur s’il est calculé sur
une image lissée par diffusion linéaire.
-
Filtre alterné-séquentiel
(morphologique)
Ce filtre est un filtre morphologique qui consiste
à faire une succession d'ouvertures et de fermetures par
des sphères de rayons croissants.
Plus précisément, en désignant
par f l'image considérée, la boucle itérée
de base du Filtre Alterné Séquentiel (ASF) est définie
par :
ASF(f) = ouverture(fermeture ( f ))
On remarquera que la première opération
est une fermeture afin de privilégier la suppression des
minima sur-numéraires.
Les paramètres sont : la taille de l'élément
structurant avec lequel on effectue les opérations morphologiques
mais aussi le nombre d'itérations.
On utilisera pour l'élément structurant
du gradient un cercle de diamètre 5 pixels (pour des images
de dimensions d'env. 500 pixels) et un élément structurant
de même type de taille initiale 3 pour le FAS. Nous visualiserons
les résultats sur les images afmsurf et lena.
a) Image lissée |
b) LPE sur
l'image lissée |
a) Image lissée |
b) LPE sur
l'image lissée |
Ce filtrage réduit sensiblement la sur-segmentation originelle
mais ses performances restent néanmoins en deça des
autres prétraitements déjà testés.
Pour résoudre les problèmes issus d'une
diffusion isotrope, la première idée de diffusion anisotrope
a été proposée par Malik et Perona [Perona
90]. La motivation essentielle de l’utilisation de modèles
basés sur la diffusion est la construction d’un opérateur
de diffusion dépendant des propriétés locales
de l’image. L'idée est de créer un filtre qui
conserve voire rehausse les contours et qui floute les zones à
faible gradient.
Le filtre de Malik et Perona est basé sur l’équation
suivante :

C'est une équation de diffusion qui serait
standard s'il n'y avait pas la présence de la fonction g.
L'idée véhiculée par cette fonction est
que le traitement obtenu par l'équation précédente
est conditionnel en chaque point de l'image. On définit donc
cette fonction de telle manière que la diffusion soit forte
dans les zones à faible gradient et faible dans les zones à
fort gradient. La diffusion est conditionnelle. La
fonction g peut être définie de la manière
suivante :
ou bien encore :

Le lissage non linéaire de Malik et Perona
a l’avantage de constituer des zones plates dans l’image,
même quand le contraste est faible. La fonction d’arrêt
du processus contient le paramètre k. Ce paramètre
correspond à la hauteur des contours à préserver.
Ce filtre diminue la sur-segmentation résultante de l’application
de méthodes de détection de contours comme la Ligne
de Partage des Eaux (LPE).
Ce type de filtrage est particulièrement intéressant
lorsque les images à analyser sont bruitées. En effet
le bruit induit de multiples bassins versants non-significatifs. Un
moyen aisé de les supprimer est d'effectuer un filtrage passe-bas.
Ce filtre, comme nous l'avons vu précédemment, a l'inconvénient
d'atténuer les contours. C'est pourquoi on utilise un filtre
non-linéaire.
Observons l'effet d'un tel filtre sur la LPE d'une
image bruitée (bruit blanc). Nous avons choisi pour cet exemple
l'image lena (512x512 - 256 niveaux de gris). Nous pourrons observer
l'effet du filtre sur les plumes, le haut de chapeau au contraste
très proche du fond mais aussi sur les différents contours
très marqués dans cette image.
La fonction que nous avons utilisée est la
fonction exponentielle, le nombre d'itération est 10, le coefficient
k est choisi égal à 15. La diffusion de Malik
et Perona donne des zones plates et assure que les informations
gardées ont une certaine pertinence.
  
a) Image initiale
- bruitée |
b) Gradient de l'image
initiale |
c) LPE calculée
avec le gradient |
  
d) Image lissée
par diffusion |
e) Gradient de l'image
lissée |
f) LPE calculée
avec le gradient |
Concernant l'image filtrée, on observe que
les différents contours ont bien été préservés,
à l'exception des contours situés dans des zones à
faible gradient comme le haut du chapeau et qui ont donc été
diffusées. L'image gradient permet de vérifier que l'amplitude
du gradient n'a pas dimimué alors que l'effet du bruit a été
supprimé. Ce qui peut se vérifier sur la LPE calculée
avec le gradient de l'image lissée par diffusion non-linéaire
(Figure f). La LPE demeure malgré tout très
sur-segmentée.
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