Les objets placés dans une image apparaissent comme des régions à niveau de gris homogène. Ces régions sont mises en évidence par le gradient morphologique, dont les minima définissent en fait des marqueurs. Néanmoins le gradient morphologique comporte bien trop de minima non-significatifs que l'on va donc chercher à supprimer. L'idée de l'approche par marqueurs est de contraindre la LPE à considérer un ensemble de marqueurs préalablement et judicieusement choisi.

La réalisation de cette idée exige deux choses : dans un premier temps, construire les marqueurs et ensuite intégrer cette information dans l'image originale.

Par la reconstruction géodésique de l'image originale par l'image de marquage on obtient une image modifiée dont les minima correspondent à ceux définis par l'image de marquage. La reconstruction géodésique consiste à reconfigurer les minima d'une image. Le procédé de reconstruction crée une image égale à l'originale dans les zones d'intérêt et élimine les minima non marqués (swamping). On opère alors une LPE sur cette image modifiée.

On sélectionne les marqueurs qui seront sources de l'immersion dans la LPE. Il faut qu'un seul minimum du gradient apparaisse à l'aplomb de chaque tache et qu'un seul minimum soit présent dans le fond.

  • Construction des marqueurs

On cherche des ensembles connexes de points faisant partie des objets à segmenter. Quand les minima sont remplacés par des marqueurs il est primordial de contrôler la place de ces marqueurs. On doit choisir les marqueurs en s'assurant que les marqueurs contiennent les minima significatifs de l'image. Les marqueurs doivent être choisis tels qu'ils soient contenues dans les sous bassins versant, c'est à dire les parties du bassin inondées avant le premier débordement.

Il existe plusieurs méthodes de type morphologique qui permettent de déterminer de tels ensembles.

  • marqueurs intérieurs : méthode du chapeau haut de forme

Dans cette méthode, on extrait les éléments plus petit que l'élément structurant. C'est à dire qu'on considère comme marqueurs les éléments qui sont à l'intérieur du chapeau haut de forme. Cette transformation est définie comme la différence entre l'image f et son ouvert de taille l.

a) marqueur l = 95
c) LPE sur l'image reconstruite

 

a) marqueur l = 40
c) LPE sur l'image reconstruite

Paramètres : élément structurant utilisé pour l'ouverture.

On choisit la valeur de l en fonction de la taille des éléments à mettre en évidence. Par exemple pour l'image cell, la taille du chapeau haut de forme est réglée à 40 afin que les cellules puissent rentrer à l'intérieur. La segmentation est de bonne qualité. Elle ne permet cependant pas de différencier les cellules en haut à gauche et en bas à droite de l'image cell et le beaucoup de contours de l'image lena ne sont pas pris en compte.

  • marqueurs intérieurs : méthode des h minima

Cette méthode consiste à déterminer les régions minimales de l'image obtenue par reconstruction géodésique par érosion de l'image source I par J, translatée de I d'un niveau h. Cette reconstruction géodésique a pour effet de "combler" les bassins versant non significatifs (ce qui suppose un bon choix de h) pour ne conserver que les minima intéressants.

a) marqueur du fond h = 15
c) LPE sur l'image reconstruite

 

a) marqueur du fond h =30
c) LPE sur l'image reconstruite

 

Paramètres : offset h de rehaussement de niveau de gris

  • marqueurs intérieurs : choix manuel

Un solution intéressante pour le choix des marqueurs est la délimitation grossière et manuelle des zones d'intérêt de l'image source. Cette méthode s'applique lorsque la forme ou la position des objets à détourer est très complexe. Essayons cette méthode avec l'image de lena. A gauche l'image de marquage utilisée pour la reconstruction de l'image originale et à droite le résultat de la LPE effectuée sur cette image.

La méthode est particulièrement efficace. En effet on a choisi manuellement la position des minimum du gradient ou plutôt on a exclu les zones où l'on ne voulait pas que l'algorithme cherche. Ainsi les cheveux côté miroir ne sont pas détectés. Bonne méthode, un peu fastidieuse peut-être.

Paramètres : aucun, si ce n'est l'image des marqueurs choisie manuellement.

  • Contrainte par le constraste : Seuillage des dynamiques de bassins

    L'idée est de supprimer les minima à faible contraste. On crée un élément structurant disk de taille 15. On fait la transformée chapeau haut de forme et chapeau bas de forme en. La transformée chapeau haut de forme trouve les objets qui se placent dans l’élément structurant et la transformée chapeau bas de forme calcule les fossés (gaps en anglais) entre les objets. Afin de maximiser le contraste entre les objets on ajoute l’image du chapeau haut de forme à l’image originale et on soustrait le résultat à l’image du chapeau bas de forme. On fait en suite le complément de l’image trouvé pour mettre l’accent sur les vallées .En utilisant la fonction imextendmin on supprime les minimax locaux en seuillant l’image obtenue précédemment avec un seuil égale à 22 et on impose les minima globaux à l’image. Ainsi en appliquant la LPE toutes les régions contenant un minima imposé vont être détectées.

    a) Image originale
    b) Image marquée
    c) LPE sur image marquée

 

    d) Image originale
    e) Image marquée
    f) LPE sur image marquée

    La segmentation de l'image afmsurf est très satisfaisante. Par contre concernant l'image lena, bien que la sur-segmentation soit considérablement diminuée, elle demeure insuffisante, surtout si on la compare aux autres prétraitements présentés précédemment.